Une journée épique entre Chachapoyas et Cruzpata

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Une journée épique donc, que je vais m’empresser de vous relater en détail, une fois n’est pas coutume…

7h : grasse matinée énorme. Nous décidons de paresser un peu au lit. Nous irons ensuite chercher notre petit-déjeuner dans l’une des meilleures boulangeries de la ville, puis nous petit-déjeunerons avec le staff adorable de l’hôtel, qui mettront de leur côté du fromage dans leur tasse de café (!)

9h : après avoir plié les sacs et fait un peu d’internet, nous voilà prêts à marcher pour aller voir les cascades. Renseignements pris auprès du staff, nous partons trop tard et il paraît impossible de faire le trip dans la journée. Qu’à cela ne tienne, il en faut plus pour nous démoraliser. Direction le bureau du tourisme pour savoir ce que l’on peut faire en partant à cette heure-ci. On nous indique des sarcophages à voir dans un site archéologique accessible dans la journée, sans traîner nous dit-on. Sur le papier, c’est simple :

– on prend un colectivo (mini-van) de Chachapoyas vers la ville de Luya (1h)

– depuis Luya, de nouveau un colectivo ou une voiture direction Cruzpata.  35 minutes de trajet annoncées.

– puis 35 minutes de marche pour atteindre le site archéologique.

10h : le pique-nique dans les sacs, nous voilà partis pour notre aventure du jour.

12h30 : sans trop d’encombres,  malgré les 2h30 de trajet effectifs contre les 1h35 théoriques annoncés, nous voici arrivés dans le village de Cruzpata. « Village » est un bien grand mot. Le coin est tellement isolé que la Lozère passerait pour le centre du monde. Nous commençons notre marche vers le site.

12h45 : le trajet aller est en descente, sur un chemin de terre assez facile. 15 minutes sont suffisantes pour des sportifs comme nous.

13h : le site est magnifique, bonne surprise, les photos sont prises, et nous décidons de ne pas déjeuner sur place et de remonter afin d’optimiser les chances d’attraper un véhicule qui nous permettra d’entamer le trajet retour.

Et là…

 

13h01 : il pleuviote

13h02 :  on se prend une rincée. Il pleut sans s’arrêter. Le déluge. Nous n’avons pas les fringues adaptées, nous sommes donc trempés en 5 mins, et le trajet retour, en montée et sur chemin de terre, doit nous prendre 30 minutes. Le terrain devient boueux et glissant. Un calvaire.

13h30 : nous voici de retour au village. Nous nous abritons sous le porche de l’église. Pas de voiture à l’horizon. Le calme plat. Nous ne nous laissons pas abattre et prenons notre déjeuner.

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14h : le déjeuner était parfait.  Mais toujours pas de voiture. Amélie est transie de froid.

14h30 : il ne pleut plus. On croise des locaux. Ils viennent nous serrer la main et discuter avec nous. Mais toujours pas de voiture. On doit être de retour à 18h00 à Chachapoyas et on sait que 2h minimum sont nécessaires. Mais on garde la confiance.

14h45 : une voiture !!!! Ni une ni deux, on se précipite vers elle. Le gentil monsieur nous prend dans sa voiture et file. Les fenêtres grande ouvertes et avec la pluie qui reprend, Amélie tremble de froid. La voiture embarque un jeune homme, puis rapidement un autre qui n’a pour seul bagage… qu’une couverture !! Voyant Amélie transie, il lui prête sa couverture. Adorable.

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15h15 : la voiture contient 5 places. Mais pour rentabiliser les trajets, les locaux ont l’habitude de charger les véhicules pour engrenger le plus d’argent possible. C’est comme ça qu’assez vite, nous nous retrouvons à 7 avec une mamie sur les genoux du jeune homme de devant,  et 4 personnes sur la banquette arrière. Amélie est au chaud sous sa couverture et serrée entre son amoureux et son sauveur à la couverture. Musique locale à fond évidemment.

15h30 : une mamie attend sur le bord de la route et la voiture ralentit. Non… Comment serait-ce possible ? Il n’y a qu’un endroit où elle pourrait potentiellement monter, mais nous n’y croyons pas. Ah, bah si. Mamie monte dans le coffre. C’en est trop pour moi, je ris sans pouvoir m’arrêter et embarque Amélie dans mon fou rire. Les locaux se marrent aussi. Pour eux, rien d’étonnant.

17h15 : après être arrivés à Luya à bord de notre voiture bien chargée puis avoir pris un colectivo, nous voici arrivés à Chachapoyas. Légèrement humides et sales. Le temps de nous changer et de nous poser à l’hôtel, puis nous quittons à contre-coeur l’hôtel et son staff adorable (avec une bise, un câlin et un chocolat : l’effet crème au chocolat made in Amélie avec du cacao d’Équateur. Ils ont goûté et sont tombés sous le charme. Normal…) pour prendre le bus de nuit.

Le genre de journée qui laisse un souvenir impérissable. La raison d’être de nos voyages, sans aucun doute.

6 Réponses

  1. des aventures comme on aime en lire ! Ca donnerait même envie de faire un tour dans le coffre d’une voiture !
    bisous et nous tous!

  2. Gallerand Graziella et Joel

    En langage de jeune : vous êtes des OUFS !!
    Mais j’avoue que j’ai le sourire aux lèvres.
    Bisous à vous deux

  3. Bein dit donc le temps change vite là bas, ils sont pire qu’au Maroc déjà 7 dans une voiture c’est pas mal, mais là dans le coffre. Que de souvenirs. Les locaux rigolent avec vous mais ne comprennent pas pourquoi!!! Mais c’est des taxis que vs prenez, où un habitant qui a la chance et les moyens de posséder une voiture????

    • Ce sont des taxis. Les locaux nous disent que c’est une question de chance. Surtout que le village où nous étions est situé en bout de route. Donc peu de passage.

  4. Maman Francine

    OUF !!! Une aventure parmi bien d’autre je pense. Il nous manque une photo des mémés :)
    Pas de météo dans la région ? Pas de pépé qui regarde le ciel ou… pour prédire le temps ?
    Bon courage, à bientôt
    Bisous

    • Malheureusement non. Rien pour prédire la météo. Amélie vous dira qu’il a plu parce que j’avais fait une danse de la pluie la veille. Qui sait. Peut-être ai-je un pouvoir ? 😉

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