Cratère Maragua : un trek double face

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Après avoir glané bon nombre d’informations au préalable afin de ne rien laisser au hasard (on est des pros, tout de même), nous avons décidé de réaliser un trek de 2 jours nous menant au cratère Maragua. Et encore une fois, on n’a pas regretté notre choix…

Un trek double face donc…

Côté pile : une journée pluvieuse
On venait de passer 2 jours de beau temps à Sucre, et même si le ciel se chargeait de nuages au fur et à mesure que les jours passaient, on se disait qu’on y allait confiant. On s’est réveillé le jour du départ, on a levé la tête, et on savait que ça n’allait pas se passer comme prévu. Reculer ? Pffff ! Jamais !
On prend donc le bus qui nous amène au départ du trek, au village de Chataquilla, et on se fait déposer sous la pluie, et avec une brume si épaisse qu’on y voit pas à 20 mètres ! On est en compagnie de 2 autres touristes, aussi dépités que nous. On s’abrite, on se questionne. Et puis la pluie se calme après quelques minutes. Alors on se lance.
On emprunte un chemin des incas, couverts de la tête aux pieds. Et soudain, on lève le nez, et telles les eaux devant Noé, on aperçoit la brume s’ouvrir devant nous et laisser place à la vallée qui s’étale devant nous. Un spectacle aussi magnifique que réjouissant. On n’y croyait tellement pas ! Et le soleil de faire son apparition. On n’en demandait pas tant ! On retire les vestes, et on continue à descendre ce très beau chemin des incas.
En bas du chemin, on se dit que quelqu’un a éteint la lumière, tellement il fait sombre. Et la pluie… On remet nos vestes, et on continue notre route. Pas le choix… On progresse une heure sous une pluie battante, et on se dit qu’on va être privés de repas. Impossible en effet de sortir le réchaud par ce temps. On sort de quoi grignoter, et à peine le temps de commencer à avaler quoi que ce soit, et le soleil est de retour. Ni une ni deux, on sort le réchaud et on se prépare un repas express dont on profitera sous le soleil et devant les montagnes. Notre petit coeur est tout joyeux. Et puis la dernière bouchée avalée, on entend gronder, le ciel se couvre. La pluie. Et cette fois, elle ne nous lâchera plus, la garce. On se remet en route, on croise une mamie à qui nous demandons si nous sommes sur la bonne route. Elle a dû nous répondre quelque chose du genre : « gghzkxir gkjzoaergi hviejskxue hvnejc ». Merci mamie… En effet, les locaux parlent essentiellement Quechua dans cette région du cratère. Compliqué de les comprendre, car contrairement à la tente, ça ne se maîtrise pas en deux secondes 😉 Bref, on suppose que c’est la bonne voie. On croise plus loin un guide en voiture qui nous dit que nous ne sommes plus qu’à 40 mins. On comprendra plus tard qu’ il devait parler en minutes Boliviennes, car on a mis 2 heures à arriver… On arrivera en même temps que l’accalmie, sous un ciel presque bleu après lequel nous aurons eu l’impression de courir toute la journée. Le soleil se montre même. On se dit qu’on va passer une belle soirée. C’est beau d’être confiant…

On arrive donc au village de Maragua et on trouve un endroit que l’on trouve correct pour planter la tente, au milieu de petites maisons faites pour les touristes qui viennent en tour avec des guides. Je vais quand même faire le tour du village pour repérer un endroit qui pourrait être couvert, et je croise une guide qui me dit qu’il n’y a pas vraiment d’endroit couvert pour planter une tente. Elle m’accompagne là où nous nous sommes posés, et ayant le trousseau de clés des petites maisons qui nous entourent, elle en ouvre quelques – unes et me dit qu’on peut se réfugier là si on le souhaite. Sauf que ce n’est pas vraiment ce qu’on cherchait, et qu’on a peur que quelqu’un vienne nous réclamer son dû pour cause d’usage de petite maison (bien équipée tout de même). On laisse donc tomber et on plante la tente au grand air. Je vais à la rencontre de locaux qui semblent préparer du pain et je leur en demande 4 (j’avais vu la guide en revenir avec 2, on voulait donc tenter notre chance). Le monsieur me les ramène et m’explique qu’il me les donne !! Je ne sais comment les remercier pour cet excellent pain frais qu’on dégustera quelques minutes plus tard. Un régal au bon goût de générosité. On commence doucement à dîner et vous me croirez ou pas… la pluie, l’orage, les éclairs… un festival sons et lumières. Ni une ni deux, on plie tout, sauf la tente, et on se réfugie dans la seule petite maison qui n’aura pas été refermée par la propriétaire des lieux après le passage de la guide. On a conscience de notre chance et on va même jusqu’à culpabiliser un peu de filouter de la sorte, mais on ne se sent vraiment pas de dormir sous l’orage. On va donc passer la nuit dans des vrais lits, mais dans nos sacs de couchage ! On aura bien fait au final : plusieurs fois dans la nuit, la pluie et l’orage auront fait leur apparition.

 

Côté face : une journée magique
On se lève tôt, très tôt, d’une part pour ne pas se faire griller par la propriétaire de la petite maison restée ouverte, mais aussi pour se donner une chance d’échapper au mauvais temps. Le petit-déj avalé, on file. On commence par une bonne ascension, puisqu’il faut ressortir du cratère, et tout ça, sous un ciel bleu, sans nuage, et un soleil qui chauffe bien ! On marchera pendant 4h30 pour rejoindre le village de Potolo, le tout sous un beau soleil, mais surtout en profitant de paysages absolument sublimes. Des montagnes colorées, le cratère et ses formes hallucinantes, on en prend plein les yeux. On est juste super heureux d’avoir le beau temps avec nous.

Petite scène assez cocasse au moment de prendre le colectivo pour rentrer : 3 moutons chargés sur la galère et bien ficelés pour ne pas risquer de les perdre. Ça prête à rire mais nous avons eu mal au coeur pour ces pauvres bêtes lorsque nous avons vu l’état de la route, et leur état à eux à l’arrivée. C’est comme ça qu’on traite les bêtes ici.

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On rentrera à Sucre en milieu d’après – midi. Bières, pâtes, pains au fromage. On aura bien mérité notre petit festin. On ira également se faire une balade dans la ville qui s’anime en ce jour de la fête des morts.

Encore un trek et encore une formidable réussite qui nous laissera plein de souvenirs.

2 Réponses

  1. Vitrant Martine

    Paysages splendides !!!

  2. Les douches sont gratuites là bas!! Lol☺Au Maroc aussi ils prennent autant soin des animaux.

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