Torres del Paine : un trésor qui se mérite !

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Hola,

Enfin !! Après bien des péripéties qui ont retardé notre arrivée à Puerto Natales, nous y voilà !! Nous l’attendions depuis notre arrivée en Amérique du Sud il y a 4 mois et demi, nous en parlions comme LA référence des treks à réaliser sur le continent, et nous savions que nous y allions pour réaliser quelque chose d’extraordinaire : le parc Torres del Paine, pour un trek en autonomie de 8 jours. Au travers de nos lectures qui ont ponctué la préparation du trek, nous avons lu quelques lignes qui résument parfaitement notre choix de faire la grande boucle plutôt que le circuit traditionnel.

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« On se sent unique quand on finit cette randonnée ». Cela résume parfaitement notre état d’esprit avant ce trek, le même qui nous a animé pendant tout notre voyage. L’envie de faire un voyage unique, différent des circuits traditionnels empruntés par tous les touristes. L’envie de ne rien faire comme les autres, pour s’immerger, s’imprégner, pour assouvir notre soif d’authenticité. L’envie de le faire seuls.

Pour vous expliquer en quelques mots, ce que font la plupart des gens est le fameux W, en rouge ci-dessous. Peu s’intéressent à la boucle entière qui passe par le nord, en violet sur la carte, puis emprunte le fameux W. C’est ce fameux circuit complet que nous avons voulu réaliser.

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J1 : Laguna Amarga – Camping Dickson
Une première journée, comme dirait mon ami Q, « mi-figue mi-raisin ». En effet, à peine arrivés à l’accueil que les ennuis commencent : le camping (gratuit) où l’on souhaitait se rendre en ce premier jour n’accepte que sur réservation, et il est plein. Ajoutez à cela les autres contraintes du type : un autre camping sur réservation, pas de prise de réservation plus de 5 jours à l’avance, pas de possibilité de rester plus d’une nuit dans ces 2 campings… et vous avez 2 trekkeurs aussi énervés qu’embêtés. Car la solution que l’on nous donne pour contourner ces contraintes ne nous convient évidemment pas : aller dans les campings payants… Nous voici donc à devoir ré-organiser notre séjour, au jour près, tout ce qu’on aime !!
Mais comme dirait mon ami Q, « on n’apprend pas au singe à faire la grimace » ! Refusant de nous plier à ces règles aussi stupides que contraignantes, nous allons tenter de les contourner (et reussir au moins une fois, d’où leur caractère stupide, CQFD) et réserver, une fois le nouveau planning en tête, Amélie une nuit et moi la suivante dans le premier camping. Pour le second, il faudra attendre d’arriver à un check-point pour réserver.
Le nouveau plan est donc de commencer par la boucle du haut, avant de faire le W. Pas de regret, car notre autre programme ne valait la peine que s’il faisait grand beau ce jour, ce qui n’est pas le cas. Nous voilà donc partis, sous un ciel assez couvert mais qui nous aura plutôt bien épargnés (quelques gouttes de pluie seulement) du moins pendant notre marche. Nous arrivons à 13h45 à un premier camping, qui n’est pas notre destination du jour, avec un petit dilemme à résoudre : nous venons de nous apercevoir qu’il y avait une barrière horaire à 15h, à 2h de marche d’ici. Nous décidons quand même de le tenter, et on se met en mode « brutasse ». Peu de pauses photos et un seul espoir : que le garde soit sympa.

On arrivera le ventre vide à la barrière de contrôle, où l’on apprendra que la barrière est à… 18h ! De plus, il ne reste pas 6h de marche comme indiqué sur le plan, mais 2 ! On ne sera pas au bout de nos surprises avec les indications erronées du parc…
On a donc le temps de se poser et de déjeuner, puis de repartir tranquillement jusqu’au camping Dickson où il se mettra à pleuvoir à peine la tente posée. L’endroit est magnifique, entouré par les montagnes et les glaciers. On se sent vraiment privilégiés. En revanche, mauvaise surprise en arrivant : on nous annonce que la ballade que nous voulions faire le lendemain n’aura pas lieu, la faute au sentier pas encore ouvert…

Première journée de marche : 32 kms. Ça promet…

J2 : Dickson – Paso
Nous reprenons nos sacs de 18 kgs… ah oui, j’avais oublié ce détail : on porte chacun 18 kilos, et cela aura son importance dans le récit de cette journée…
On repart donc avec nos gros sacs, et l’on entame le périple du jour sous un ciel plutôt dégagé, ce qui est une bonne nouvelle. Nous marchons 4h avant d’arriver au moment de déjeuner. Nous sommes ravis des paysages observés. Le ciel s’est dégagé un peu plus entre temps et nous avons grand beau, le pied.

Après reflexion, bien que déja un peu usés, nous décidons de poursuivre la marche malgré le dénivelé déjà réalisé (+400), celui qui s’annonce (+600) et toujours, le poids des sacs. Nous nous rendrons compte plus tard que nous aurons franchi un glacier, avec tout ce qui va avec. Tout d’abord la neige en baskets et sans piolet cette fois (merci à Marie-Christine pour les patchs posés par son mari cordonnier à Santiago qui ont bouché les trous de mes chaussures). Puis qui dit neige, dit fonte des neiges, et dit boue dans la forêt. Et puis vous nous mettrez un peu de rocailles en plus, et vous avez un chemin harassant, avec toujours ces 18 kilos sur le dos.

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La route vers le sommet est exténuante, avec cette sensation que l’objectif ne s’approche pas alors que vous ne cessez de marcher. Les passages donc la neige sont difficiles, car glissants. En même temps, l’exercice est si exceptionnel et les paysages qui nous entourent tellement magnifiques et sublimés par le soleil bien présent, qu’une sorte d’extase s’empare de nous au cours ce notre ascension. Maso ou pas, à vous de voir…

Nous arriverons au sommet épuisés mais ravis de l’avoir atteint, d’autant plus avec ce qui nous attendait là : la vue sur le glacier Grey. Extraordinaire.

Bon maintenant, il faut touuuuuut redescendre… L’exercice de la journée sans doute le plus difficile car le plus exigeant pour les chevilles et les genoux qui encaissent le poids des sacs. La fatigue se fait ressentir, les nerfs lâchent un peu lorsque le camping tarde à apparaître, que la boue est de retour et que les cascades à traverser deviennent presque dangereuses car dépourvues de structure (vous sautez de pierre en pierre avec un torrent qui vous balaie les pieds et le vide à votre droite, flippant…). Nous arriverons au camping, extrêmement fatigués. La liste des séquelles est longue : les épaules et les hanches qui portent les sacs souffrent, les genoux et les chevilles d’A. sont douloureux, et mes pieds en feu (Marie-Christine, tes patchs, tu te les mets où je pense !!!). Une petite nuit de sommeil s’annonce…

J3 : Paso – Italiano
La nuit a été aussi courte que mauvaise (on a mal dormi). Heureusement, un grand beau s’annonce car le ciel est dégagé de bon matin. Nous voilà repartis, avec des sacs dont le poids ne diminue que trop peu à notre goût. Quelques bonnes heures de marche, passées entre autres sur une crête à longer un glacier Grey toujours aussi beau, et nous voici à l’heure du déjeuner. Puisqu’on s’était loosés sur les dates de réservation de camping, on en profite pour les changer, sous l’oeil suspicieux (à raison) du garde-parc. Puis on prendre une longue pause déjeuner, indispensable vu notre état de fatigue. En effet, à cet instant là, soit en 2 jours et demi, nous avions marché près de 75 kms depuis le début du trek !! Le repas nous aura fait un bien fou, bien que nous ayons failli nous endormir la tête dans nos assiettes, et nous repartons avec un peu d’énergie pour parcourir les 7,5 kms restants. Nous arriverons au camping Italiano en mode « petits filous » (rien à voir avec les yaourts des enfants, pour ceux qui se posent la question). Pour rappel, nous voulons passer 2 nuits ici alors qu’une seule n’est autorisée. Mais ça passera tout seul, au final…

J4 : Britanico
C’est le 31 décembre. Journée sans sac (youhouuuuu) pour se rendre à un mirador. La marche est un plaisir malgré le dénivelé, la ballade est somptueuse et le temps est absolument magnifique. Sur la route, un glacier impressionnant qui gronde jour et nuit au son des chutes des blocs de glace. On apercevra même en direct une avalanche. Extraordinaire.

Puis toujours ces montagnes, ces lacs, ces rivières et ces forêts… Une belle journée pour finir l’année. La ballade se fera sur la matinée, ce qui nous laissera l’après-midi libre. Un bonheur. Puis nous finirons la journée par un repas de fête ! Je vous laisse lire l’article Food pour en savoir plus… On fêtera l’année à l’heure française (20h au Chili) car on est crevés et on se lève tôt le lendemain matin. La bonne nouvelle, c’est que ce repas de fête passé, les sacs seront plus légers…

J5 : Italiano – Las Torres

Cette journée s’annonce longue sur le papier. Une bonne dizaine d’heures de marche.  Nous avons réservé notre prochain camping comme exigé par les règles… enfin presque, car nous réservons 2 nuits, en mode filous (Amélie pour une nuit, moi pour la suivante). Nous voilà parti de bon matin. Nous longeons la crête qui donne directement sur un lac avec les montagnes en toile de fond.  C’est toujours aussi beau. Derrière nous, malgré les kilomètres qui commencent à nous séparer,  le glacier gronde encore et toujours. La météo est excellente. Et là soudaine légèreté des sacs nous fait revivre. Nous volons, nous galopons telles des petites gazelles dans la savane africaine. Le bonheur retrouvé. Finalement nous arriverons bien tôt au camping, et après nous être installé, direction les fameuses tours. 45 mins de grimpette dans le sable et les rochers plus tard, avec la pluie qui fait son apparition, nous y voilà. Ces coquines resteront cachées un bon moment, assez pour nous faire perdre patience. Nous quittons le lieu en espérant avoir meilleur temps au lever du soleil le lendemain. Mais tout de même,  après un dernier coup d’oeil, elles sont daigné apparaître et nous faire l’honneur de leur présence. Nous quittons définitivement le lieu, contents de les avoir aperçu.

J6 : Las Torres

C’est notre dernier jour. Le mode « petits filous » n’a pas fonctionné,  la faute à un garde trop vigilant (contrairement au précédent), et nous ne resterons donc pas une nuit de plus. Réveil à 3h40 pour aller voir le lever du soleil sur les tours (ou plutôt la lumière rouge du soleil levant se reflétant sur les tours). On hésite à partir car on sent que le temps est couvert.  On se motive à y aller et là, c’est le déluge.  On grimpe les premiers mètres sous la pluie, et on fini par abandonner et par faire demi-tour. Sans regret. Trop de nuage, et le soleil levant est bloqué. Les tours resteront cachées, de plus. On se consolera avec un petit-déjeuner bien chaud et la présence tout prêt de nous d’un magnifique renard sauvage.

Puis on prendra donc la route du retour jusqu’à la Laguna Amarga, notre point de départ di premier jour où nous attend notre bus retour. Nous aurions pu attendre la navette qui nous y aurait amené, mais nous avons voulu boucler la boucle à pied. Ces derniers kilomètres seront fatiguants mais auront le mérite de nous offrir quelques derniers beaux paysages et surtout la satisfaction d’avoir tout réalisé à pied.

Nous cherchions la difficulté, nous l’avons eue. Les organismes ont été mis à rude épreuve,  et c’est exactement ce que nous voulions. On est cassé mais vraiment heureux. D’autant plus qu’avec seulement quelques heures de pluie sur 6 jours de trek, on s’est rendu compte de notre extraordinaire chance.

Torres, pour nous, en quelques chiffres c’est :

  • 6 jours en totale autonomie
  • Du soleil, bcp de soleil, et seulement 4h de pluie
  • Près de 140km parcourus
  • Dénivelé total : +3600/-3600
  • Des sacs au départ de18 et 20 kg
  • 1 passage de col dans la neige
  • 3 cascades et 6 rivières traversées sans infrastructures en mode « fais comme tu peux et croises les doigts pr que ça passe », un peu de boue aussi
  • 1 avalanche vue en live
  • Coté animaux : 1 renard sauvage, 1 carpintero, une multitude de guanacos, 1 souris, pleins de ptits oiseaux et canards, 1 lièvre du cap, 1 raton laveur et 2 condors.

C’est aussi :

  • 0 douche, 1 paquet de lingettes et bcp d’amour pr partager la même tente :)
  • 2 caleçons pr V (monsieur fait sa diva ;)), 1 culotte pr A
  • 18 ampoules aux pieds pr V et 2 pr A

Mais c’est surtout :

  • Des paysages traversés incroyables
  • Des sentiers magnifiques sur les crêtes
  • Des lacs, des montagnes, des lagunes, des glaciers époustouflants
  • Un trek formidable qui se mérite quand on est en autonomie

On va se reposer quelques jours. On est en quête d’un avion pour le bout du monde. On vous tiendra au courant de nos plans.

Take care.

Besos.

4 Réponses

  1. coucou nous revoilous pour prendre de vos nouvelles ! plus rien de vous arrête… l’altitude vous donne des ailes pour faire temps d’exploits, vous allez vous reconvertir en guides de montagne tout terrain…. prenez soins de vous pour la suite de votre périple et merci pour les photos magnifiques, à bientôt de la part de Yves Laurence Justine et Antoine bises à vous 2

  2. Vitrant Martine

    Vous n’êtes pas maso, mais l’altitude doit vous saouler et vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites !!!
    En tout cas merci de nous faire partager ce voyage . J’espère que rentrés à Lyon, la vie ne vous paraitra pas trop « plan plan »!!! Bonne continuation et bisous

  3. Maman Francine

    Tout comme vous j’attendais avec impatience les photos de ce fameux trek. S’il fût difficile, les photos sont époustouflantes, magnifiques. Bleffant, vraiment. Je ne le dirai jamais assez, MERCI. Une année qui commence bien!!! . Gros bisous à tous les deux, et restez prudents.

  4. Wahou magnifique ce que vous avez fait, paysage splendide ça donnerais presque envie de le faire

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