Aventures du bout du monde – Partie 1 : Cabo Froward

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Nous voici à Punta Arenas pour nos aventures au bout du monde. Notre départ à Puerto Williams étant quelque peu retardé pour faute de place dans le coucou qui va nous y emmener (19 seulement par jour !), nous voici quelques jours ici, en pleine Patagonie. Que faire ? Un trek bien sûr.

Et nous voilà lancé, quelques heures de recherches, un peu d’orga, et en route pour fouler le bout du continent americain : Cabo Froward.

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On est prévenu, ici, pas de sentier balisé officiellement, juste quelques rubans laissés par d’autres trekkeurs, pas de pont pour traverser les rivières, pas d’aire de camping, c’est la nature, 100% la nature, et rien que la nature ! Le trek dure 5 jours en autonomie complète, en route !

Jour 1, mercredi : bus de bon matin pour rejoindre San Juan, petit village d’où va commencer notre trek. Le hic, c’est qu’on apprend dans le bus qu’il n’y a un retour que le vendredi soir ou le lundi soir ! Donc le trek en 4 ou 5 jours, pas jouable, il va falloir le boucler d’ici vendredi, donc en 3 jours !

On commence en se disant qu’il va falloir envoyer ! Les premiers kilomètres sur les galets vont mettre nos chevilles et genoux à très rude épreuve ! Mais au bout, on aperçoit la magnifique phare de San Isidro, top. La journée se poursuit, entre bosquets, plages de graviers, passages compliqués sur les rochers en bord de mer, avec le vent qui souffle fort, très fort, pas simple, puis arrive le premier passage de rivière, facile, il y a des troncs d’arbres, nikel !

Pause dej rapido, et on repart. Quelques kilomètres de rochers, puis la tourbe pendant 1h30, on a l’impression de marcher sur un tapis d’herbe et de boue qui flotte, flippant. Arrive le deuxième passage de rivière, on a bien géré pour arriver à marée basse. On se dit, nikel, fastoche ! On commence la traversée, de l’eau jusqu’aux chevilles, mollets, genoux, cuisses, ça n’en finit pas de monter. Mais pas le choix, il faut traverser. On finira avec de l’eau jusqu’à la taille, pr cette fois ! :) Et çà, c’est à marée basse…

On est gelé, les pieds trempés, mais on continue, encore quelques km pour atteindre notre objectif.

Une troisième rivière deux heures plus tard à traverser, de l’eau aux mollets, facile. Et après 38 km, on se pose pour la nuit. Le vent souffle toujours et la pluie commence à être de la partie :( Une bonne nuit de repos est nécessaire, car demain, c’est l’ascencion à Cabo !

Jour 2, jeudi : Réveil à 5h, on replie tout car avec les renards, impossible de laisser la tente avec les sacs dedans, certains ont retrouvé leurs affaires déchiquetées ! Gloups.

C’est parti pour Cabo, 10km seulement, ça c’est sur le papier. Mais des kilomètres en bord de mer, sous la pluie et avec un vent très fort, sur des rochers ultra glissants, ca donne plusieurs chutes au compteur ! Un peu de bosquet boueux, et voilà une nouvelle « épreuve » : une corde, quelques racines d’arbres et une paroi à la verticale : let’s go !

On arrive bientôt à la dernière montée, 400m de dénivelé sur 1km avec des rafales de vent, mais en haut, le graaaaal ! On y est, au bout du monde, avec une superbe vue !

Ensuite, il faut rentrer. Et c’est reparti par le même chemin. On reprend les sacs en passant car on a décidé de repasser les deux rivières : juste les pieds dans l’eau pour la première et de l’eau jusqu’à la poitrine pour la seconde ! A marée basse, c’est facile qui disait… Et en sortant, un accueil magistral avec de belles rafales de vent : ah bah merci bien ! On campera quelques centaines de mètres plus loin, on est gelé, vent et pluie vont rendre les choses compliquées pour se réchauffer.

Jour 3, vendredi : Il ne nous reste que 25 km :) C’est reparti, mais cette fois, le soleil est là, et là, ça change tout ! On profite des paysages, et on prend le temps de rentrer. Finalement, on arrive tôt à San Juan et on fera du stop pour revenir à Punta Arenas, c’est un gentil bus qui nous prendra.

Un trek de 100km, très exigeant car 100% sauvage, pas d’infrastructure, peu de balisage, on est en pleine nature, et c’est ça qui le rend magique !

On est fiers et heureux de l’avoir fait et d’être allé au bout. On en a bavé, mais ces 3 jours étaient incroyables.

Maintenant, on se repose deux jours, et on file à Puerto Williams, l’île habitée la plus australe du monde avant l’Antarctique. Décidément, encore une fois diront certains, on ne veut rien faire comme tout le monde et on en a jamais assez :) C’est vrai 😉

2 Réponses

  1. Vitrant Martine

    FELICITATIONS aux baroudeurs de l’extrême. Je suis épuisée rien qu’en vous lisant. Bisous

  2. Gallerand Graziella et Joel

    Mais vous êtes des vrais fouuuuuuuuusssssss !!
    il en faut de la motivation pour faire un tel trek, quel courage….mais quelle récompense.
    Et bien continuez à nous régaler, vos photos sont magnifiques et votre bonheur fait plaisir à voir !!
    Bisous.

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